Le
17 avril 2011, lors de la randonnée pédagogique organisée par Duranne
Animation, nous avons présenté le Bunker de la Duranne situé sur le
parcours de la randonnée
Pour apporter une touche de ce lieu
historique, nous nous sommes habillés en tenue américaine et nous avons
plaçé les deux jeep willys devant l'entrée du bunker.
LE
BUNKER DE COMMANDEMENT
DE
L’AÉRODROME DES MILLES
Ce
Bunker connu de chasseurs, paysans et promeneurs a tenu un rôle important
pour l’armée allemande pendant la deuxième guerre mondiale d’octobre
1942 à août 1944.
Il
avait pour but de surveiller l’aérodrome des Milles ou une unité
d’appareil du
groupe de chasse Jgr.200 de la Lüftwaffe
était basée en alerte sur cet aérodrome.
Un
poste important et stratégique placé sur une bute le long d’une barre
rocheuse qui apportait une protection naturelle contre toutes attaques au
sol.
Ce
point haut du secteur, était favorisé d’une large vue dégagée sur la
plaine des Milles, les routes,le croisement de Saint Pons, le passage à
niveau, l’aérodrome et l’ancienne Tuilerie de sinistre mémoire.
Ce
bunker, avait le rôle de commandement de l’aérodrome, la surveillance
et la protection de celui-ci.
Equipé
de deux Tobrouks d’arment spécifiques positionnée sur le bunker pour la
défense anti-aérienne, il pouvait répondre à toutes menaces venant du
ciel et protéger les appareil au sol.
Il
existe 4 autres tobrouks non loin du Bunker protégeant la face Nord, Sud,
est et Ouest. L’ensemble était entouré de fil à barbelés, nous pouvons
voir encore les piquets situés en contre bas de la barrière rocheuse et
alentour du Bunker.
Sur
celui-ci, était positionné un énorme projecteur qui pouvait éclairer le
ciel la nuit en cas d’alerte, l’aérodrome, les routes, le rail et l’ancienne
tuilerie.
D’ailleurs,
un avion des forces alliées a était abattu et s’est écrasé non loin
de là sur le secteur du château Saint Pierre proche de Calas.
On
raconte que le pilote a sauté en parachute et a réussi à s’échapper,
recueilli par un paysan, il a attendu jusqu'à l’arrivée des forces alliés
pour pouvoir sortir de sa cache.
Il
est resté caché sur le secteur de la ferme de Lagremeuse chez le paysan
qui l’avait recueilli.
Dès
les débuts de l'aviation, notre région a connu une activité aéronautique.
C'est en effet, en octobre 1908 qu'a été créé l'Aéro Club de Provence
! Dans les années 1930, l'aviation légère s'est développée d'abord à Marignane
puis sur d'autres terrains, notamment celui de L'Enfant situé juste
au sud du terrain actuel des Milles.
L'Aéro
Club de Provence s'y est installé en 1936. Tout sera détruit pendant la
guerre. En 1939, l'Etat aménage un terrain à coté village des Milles

Photos
de
l'aérodrome à ce jour et de
la base 114 en 1949
De 1942 à
1944, il est occupé par les Allemands. Des Messerschmitt 109 étaient
abrités et dissimulés sous des filets de camouflage au nord du terrain.
La piste en dur actuelle de 1600 m
date de 1973.
Aujourd'hui, après le départ de la B.A. 114 en 2000, l'aérodrome est entièrement
civil et dédié à l'aviation générale.

HORST
RIPPERT, PILOTE
ALLEMAND DU JGR 200 BASÉ SUR L’AÉRODROME DES MILLES
PHOTO
DE HORST RIPPER SUR SON MESSERSCHMITT BF 109
PEUT
ÊTRE CELUI QUI A ABATTU LE LIGHTNING P38 D’Antoine de Saint-EXUPÉRY
À
l’été 1944, Horst Ripper avait 24 ans et déjà plusieurs victoires aériennes
à son actif. Affecté au groupe de chasse Jgr.200 de la Lüftwaffe, il faisait
partie des rares pilotes encore présents dans le sud-est de la France.
Le 31 juillet 1944, deux semaines avant le débarquement des alliés en
Provence, Horst Rippert est en alerte sur l’aérodrome des Milles. À la
mi-journée,
il reçoit l’ordre de décoller : les radars ont repéré un
avion ennemi qui croisait à très haute altitude au-dessus d’Annecy, avant
de mettre le cap au sud et de disparaître des écrans.
Entre Les Milles et Hyères, le jeune pilote allemand ne rencontre
personne. Il oblique alors vers Toulon pour rentrer à la base. C’est là
qu’il aperçoit un Lightning P 38 volant vers Marseille, 3000 m plus
bas. Il le suit à distance, le voit amorcer un virage vers le large, puis
un autre vers la terre.
Lino von Gartzen, qui a enquêté avec Luc Vanrell sur la disparition de
Saint-Ex, a recueilli les souvenirs du pilote. C’est Horst Rippert qui raconte
: "Après l’avoir suivi,
je me suis dit, mon gars, si tu ne fous pas le camp, je vais te canarder.
J'ai plongé dans sa direction et j'ai tiré, non pas sur le fuselage, mais
sur les ailes. Je l’ai touché. Le zinc s’est abîmé. Droit dans
l’eau. Il s’est écrasé en mer. Personne n’a sauté. Le pilote, je
ne l’ai pas vu. J’ai appris quelques jours après que c’était
Saint-Exupéry. J’ai espéré, et j’espère toujours, que ce n’était
pas lui. Dans notre jeunesse, nous l’avions tous lu, on adorait ses
bouquins. Il savait admirablement décrire le ciel, les pensées et les sentiments
des pilotes. Son œuvre a suscité la vocation de nombre d’entre nous. J’aimais
le personnage. Si j’avais su, je n’aurais pas tiré. Pas sur lui."
Ce
jour là, Horst Rippert a donc tué son héros, celui qui sans le savoir lui
avait donné envie de tutoyer les nuages. C’est en partie ce qui explique
les 64 ans de silence qu’il s’est imposé.
Après la guerre, le jeune pilote se reconvertit. Il devient journaliste et
entre à la ZDF, la 2e chaîne de télévision allemande. Il finira par diriger
le service des sports. En 1972, il faisait d’ailleurs partie de l’organisation
des JO de Münich, au cours desquels un commando de huit palestiniens prit
en otage et assassina onze athlètes israéliens. "Vous
imaginez ce que serait devenue ma carrière si on avait su ce que j’avais
fait pendant la guerre", confiera-t-il à Lino von Gartzen au
cours de leurs entrevues pour justifier son mutisme.
Depuis avril 2004 et l’identification formelle de l’épave du Lightning
que pilotait Saint-Ex, Horst Rippert s’attendait à voir débarquer quelqu’un
d’un jour à l’autre. Quelqu’un qui lui demanderait : "Que
savez-vous de la disparition de Saint-Exupéry ?" C’est désormais
chose faite. (LA PROVENCE)